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Un 3 septembre 1969, nous partions pour Paris

Ce 3 septembre, nous partions en France pour y compléter nos études en sociologie (pour Marie DuPont) et en droit – sciences politiques (pour moi-même). Le gouvernement français nous avait accordé des bourses. Ces deux années ont profondément marqué notre vie. Nous avons été accueillis avec chaleur et amitié. Un programme social nous a permis de bien nous intégrer dans la société universitaire française, et, bien entendu, nous n’avions aucuns droits de scolarité à payer.

Ce 3 septembre, nous partions en France pour y compléter nos études en sociologie (pour Marie DuPont) et en droit – sciences politiques (pour moi-même). Le gouvernement français nous avait accordé des bourses. Ces deux années ont profondément marqué notre vie. Nous avons été accueillis avec chaleur et amitié. Un programme social nous a permis de bien nous intégrer dans la société universitaire française, et, bien entendu, nous n’avions aucuns droits de scolarité à payer.

La formation que nous avons reçue de grands maîtres français et aussi étrangers de passage à l’université fut exceptionnelle. Marie et moi devons beaucoup à la France.
Plusieurs milliers de Québécois ayant vécu la même expérience que nous peuvent en dire autant. Aujourd’hui, c’est au tour des étudiants français de venir au Québec pour compléter leur formation. Nous devrions voir là une reconnaissance de la qualité de notre système universitaire. Or, certains remettent en cause la situation privilégiée des étudiants français qui payent les mêmes droits de scolarité que les Québécois, contrairement aux autres étudiants étrangers.

On mentionne que les étudiants français sont quelque dix milles au Québec. Ce que l’on ne dit pas, cependant, c’est que bon nombre d’entre eux décident, après leurs études, de demeurer au Québec. Ils nous arrivent déjà bien formés, parlent deux, voire trois langues, et apportent par leur culture cette dimension européenne qui constitue pour nous un précieux atout.

L’automne dernier, j’ai terminé le mandat que m’avait confié le premier ministre Jean Charest de négocier, pour le gouvernement du Québec, une entente avec la France pour la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles. Dorénavant, les formations et pratiques de plus de 83 professions et métiers sont reconnues de part et d’autre comme étant équivalentes en France et au Québec.

Les statistiques officielles de février dernier nous ont montré que pour la première fois dans l’histoire du Canada, on compte moins de jeunes qui entrent sur le marché du travail que de travailleurs prêts à prendre leur retraite. L’équilibre est rompu, avec des conséquences potentiellement dramatiques si nous ne réagissons pas rapidement. Or, ces jeunes Français peuvent représenter une immigration de première qualité pour le Québec.

La recherche de talents est devenue un grand défi pour nos gouvernements et nos entreprises. Le lien privilégié que nous avons avec la France, en raison de notre histoire, de notre culture et de notre géographie, peut servir de fondement à ce pont transatlantique que nous sommes en train de construire. La France est déjà un des investisseurs les plus présents tant au Québec qu’au Canada. Avec cette entente de libre-échange que nous travaillons à finaliser et celle que les États-Unis signeront à moyen terme avec l’Union européenne, il se met actuellement en place un nouvel axe de développement économique transatlantique.

À nous de jouer nos cartes pour que le Québec en soit une tête de pont et Montréal, une « métropole intermodale » des Amériques.

Après nos deux ans en France, Marie et moi avons terminé nos études à Londres. Là aussi, nous avons reçu un traitement privilégié à l’égard de l’accueil comme de l’expérience universitaire. Nous en sommes redevables à l’Angleterre et à notre histoire en tant que Québécois.

Pour paraphraser le Chanoine Groulx, disons que nous avons fait nos études supérieures « sous le lys et la rose », ce qui fut pour nous un bien joli bouquet que, bien modestement, nous avons pu offrir au Québec, comme bien d’autres de notre génération. ×

Gil Rémillard
Éditeur FORCES

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