Yvan Allaire et Mihaela Firsirotu

Portrait de yallaire

Yvan Allaire, Ph.D., MSRC, est président du conseil de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP) et professeur émérite à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM.

Mihaela Firsirotu, Ph.D., est professeure de stratégie à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM.

ses dernières chroniques

Lors d’un dîner, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, au lieu de prononcer l’allocution habituelle, fit une présentation PowerPoint sur les accomplissements de Montréal, tout en circulant entre les tables des convives. Si le procédé sembla, de prime abord, saugrenu dans le contexte, l’exposition de faits d’armes incontestables mais largement méconnus de cet auditoire de Montréalais enracinés produisit un effet de nette surprise. Le maire ne présentait, bien sûr, qu’un côté de la médaille ; toutefois, l’autre côté, moins reluisant, est déjà bien connu et largement médiatisé. Il en va de même pour l’état du Québec…
« Alice se trouve prise au piège d’un monde où la logique a été abandonnée au profit de la folie. »    — Lewis Carroll, Les aventures d’Alice au pays des merveilles Le 17 avril 2010, la Securities and Exchange Commission (SEC) ose porter des accusations de fraude contre Goldman Sachs pour une opération en tous points semblable à des centaines d’autres menées par les banques d’affaires et les fonds de spéculation au cours des années 2004-2007. « The worst day in my professional life ! », déclare le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein. Pire, le 27 avril, les dirigeants de l’institution, soumis à un interrogatoire en règle par les membres d’un sous-comité sénatorial, sont vertement semoncés pour leur « manque d’éthique » et pour le « caractère immoral » de leurs opérations. 
Davos, 1er février 2010. Si un vent de panique soufflait sur Davos en 2009, la Réunion de 2010, après de multiples frissons, s’est conclue sur un soupir de soulagement. La crise financière s’estompait. La catastrophe avait été évitée. Tout allait rentrer dans l’ordre, du moins c’est ce que prétendaient et espéraient les forces du statu quo, stratégiquement représentées au forum. Toutefois, l’on ressentit tout au long de ce remarquable forum une tension insaisissable mais palpable, pas tout à fait une angoisse…
La cupidité est une maladie insidieuse et contagieuse. Elle prend des proportions épidémiques de nos jours tandis que nous cherchons toujours en vain le vaccin, le remède pour nous protéger de ce mal. La cupidité se propage dans toute une société par l’envie de posséder les avantages de l’autre, par le sentiment d’être sous-payé pour la « valeur » de ses services, relativement parlant…
Le marché est une invention remarquable, un peu comme l’énergie nucléaire. Bien encadré et bien réglementé, il est source d’efficience, de satisfaction des besoins et d’enrichissement de la société.
En ce crépuscule floridien de janvier 2009, nous avons soudain compris le véritable sens de cette crise financière...
Tel un raz-de-marée, la crise financière a littéralement dévasté le monde de la finance. Des institutions américaines naguère riches et célèbres, en faillite ou au bord de la faillite, quémandent de l’aide. Partout sur la planète, les institutions financières ont dû annoncer des pertes considérables et remettre leur sort entre les mains des gouvernements et des banques centrales.
Comment une crise financière d’une telle ampleur s’installe-t-elle ? Quelles leçons en tirer pour l’avenir ?
Le Canada est un pays sans prétention, ce qui est sage lorsque votre voisin est un géant prétentieux qui s’annonce comme « The Greatest Democracy on Earth » ou, encore plus humblement « The Greatest Country in the History of the World ».  
Le montant des pertes annoncées ne cesse de croître, les grandes banques et autres institutions financières de renom sont brutalement touchées, les pires scénarios sont échafaudés : la bulle du crédit facile se dégonfle brutalement.

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